Un commerçant sait en général ce qu'il a en caisse. Il sait beaucoup moins bien ce qu'il a sur ses étagères — alors que c'est souvent la somme la plus importante des deux.
Valeur d'achat ou valeur de vente
Deux chiffres différents, et un seul répond à la question.
La valeur d'achat est ce que votre stock vous a coûté. C'est votre argent, immobilisé en marchandise. C'est celle qu'on entend par « valeur du stock ».
La valeur de vente est ce que votre stock rapporterait si tout partait au prix affiché. Elle est plus flatteuse et plus trompeuse : elle compte une marge que vous n'avez pas encore gagnée, sur des produits dont certains ne partiront pas.
Retenez la valeur d'achat. C'est celle qu'un banquier vous demandera, et la seule qui décrive un fait plutôt qu'une espérance.
Le calcul, produit par produit
Pour chaque produit :
> quantité en stock × prix d'achat unitaire
Puis on additionne. Le prix d'achat est bien le prix de revient — transport compris — comme expliqué dans calculer la marge d'un produit.
Un exemple court :
- 18 sacs de riz à 12 000 = 216 000
- 25 bidons d'huile à 4 900 = 122 500
- 140 boîtes de conserve à 650 = 91 000
Total : 429 500 FCFA immobilisés. C'est de l'argent que vous ne pouvez ni dépenser ni prêter tant qu'il n'est pas vendu.
Ce calcul ne vaut que si les quantités sont justes. Sur un stock qui n'a pas été compté depuis six mois, le total est une estimation, pas une valeur : commencez par faire l'inventaire.
Ce que ce chiffre vous apprend chaque mois
Pris isolément, il ne dit pas grand-chose. Suivi mois après mois, il devient l'un des indicateurs les plus parlants du commerce.
- Il monte alors que vos ventes sont stables : vous achetez plus que vous ne vendez. L'argent quitte la caisse pour l'étagère.
- Il baisse alors que vos ventes sont stables : vous vivez sur votre stock. Confortable un mois, dangereux trois mois de suite — les ruptures arrivent ensuite.
- Il monte avec vos ventes : c'est la croissance normale.
Quand un stock trop gros devient un problème
Un stock important rassure. Il coûte pourtant deux fois : l'argent qu'il immobilise, et ce qui s'abîme, se périme ou se démode en attendant.
La question utile n'est pas « ai-je beaucoup de stock ? » mais « combien de temps ce stock met-il à partir ? ». Un mois de ventes en réserve est confortable ; six mois de ventes, c'est de la trésorerie enfermée dans des cartons.
Le détail se lit produit par produit dans savoir quels produits rapportent : ce sont presque toujours les mêmes articles qui pèsent dans le total sans jamais bouger.
Le second chiffre à regarder en même temps
La valeur du stock dit où dort votre argent en marchandise. Il en dort ailleurs : chez vos clients qui n'ont pas encore payé. Additionnez les deux et vous saurez ce que votre commerce a réellement immobilisé — voir vendre à crédit sans perdre le fil.